D'où je viens.
Où j'en suis.
Mon parcours ne s'est pas construit en ligne droite.
Il s'est fait de rencontres, d'expériences, de lectures, de pratiques, mais aussi de détours, de questionnements et de réajustements. Avec le temps, certaines étapes ont pris davantage de sens.
Mettre des mots sur une manière de regarder le monde.
Pendant longtemps, je ne me suis pas toujours senti à l'aise avec la manière dont on me proposait d'apprendre. À l'école comme dans le sport, j'avançais, j'apprenais, mais je ressentais un certain décalage.
En terminale, ma professeure de physique, Madame Riu, m'a donné le goût d'apprendre d'une manière qui me correspondait davantage. À travers la mécanique, l'électricité, le magnétisme ou la chimie, je commençais à percevoir des liens, une cohérence entre des phénomènes qui pouvaient sembler séparés.
L'année suivante, en entrant en STAPS, une autre rencontre a été déterminante : Georges Pain. Il enseignait la spécialité basket, les sports collectifs et la psychophysiologie et nous a fait découvrir l'approche systémique.
J'y ai rencontré une autre manière de regarder les choses : ne plus seulement isoler les éléments pour les comprendre, mais observer aussi les relations qui existent entre eux et la dynamique de l'ensemble.
La lecture du Macroscope de Joël de Rosnay est venue prolonger cette découverte.
Avec le recul, je ne dirais pas que l'approche systémique m'a appris à penser autrement. Elle m'a surtout permis de mettre des mots sur une manière de regarder le monde qui était déjà présente chez moi et de comprendre que je pouvais lui faire confiance.
Relier plutôt que séparer.
Regarder l'ensemble sans perdre de vue le détail.
Laisser la théorie rencontrer l'expérience.
De la compréhension à l'expérience.
Penser autrement m'a progressivement conduit à agir autrement. Non pas mieux, non pas contre une autre manière de faire, simplement autrement.
Lorsque j'ai quitté le salariat pour créer ma propre activité, je suis revenu, plus de vingt ans après ma première lecture du Macroscope, aux travaux de Joël de Rosnay. J'ai alors découvert La Symphonie du vivant et, à travers elle, l'épigénétique.
J'y retrouvais cette pensée des interactions qui m'avait tant intéressé. Notre santé ne dépend pas d'un seul facteur isolé. L'activité physique, l'alimentation, le stress, les relations, le plaisir, notre environnement : tout cela interagit.
Cette approche a nourri la construction de ma propre pratique.
Mais agir autrement a progressivement pris pour moi un autre sens. J'ai longtemps pu réagir à une manière de penser ou de faire différente de la mienne en entrant dans l'opposition. Avec le temps, j'apprends davantage à accueillir cette différence et à regarder ce qu'elle peut amener à faire évoluer dans ma propre façon de faire. Et peut-être dans ma propre façon d'être.
Ce qui me paraît juste aujourd'hui peut encore évoluer demain.
Aujourd'hui, mon discours part de ma pratique. J'expérimente, j'observe, je réajuste. Et les personnes que j'accompagne participent elles aussi à cette évolution. Leurs paroles, leurs réactions, parfois leur silence continuent de transformer ma propre manière d'accompagner.


Juste être.
Agir autrement m'a progressivement amené à accueillir davantage ce qui ne venait pas forcément de moi, ce qui ne correspondait pas à ma manière de penser ou à ce que j'avais prévu. Et cette ouverture m'a conduit vers une autre dimension de mon parcours.
Les enseignements de Jean-Yves Leloup ont occupé une place importante dans ce cheminement et continuent aujourd'hui à le nourrir. Je l'ai rencontré, mais je l'ai surtout découvert au fil de ses ouvrages et de nombreux enseignements que j'ai écoutés, retranscrits et travaillés.
À travers eux, j'ai découvert une manière d'aborder la spiritualité qui a résonné en moi : non pas comme quelque chose de séparé de la vie, mais comme quelque chose qui peut s'incarner, se mettre en pratique, se vivre.
Jean-Yves Leloup m'a aussi marqué par sa manière d'être. Sa présence, sa voix, son rythme m'ont fait éprouver quelque chose avant même d'avoir besoin de le comprendre.
Puis j'ai découvert la Leibtherapie auprès d'Alain Morales. Leib signifie « le corps que l'on est », et non pas seulement le corps que l'on a.
Cette distinction m'a immédiatement touché. Après des années passées à travailler avec le corps par l'activité physique, quelque chose s'élargissait encore. Il ne s'agissait plus seulement de ce que le corps pouvait faire, mais de notre manière d'être présents à nous-mêmes, aux autres et à ce qui nous entoure.
Cela pourrait sembler être la chose la plus simple au monde. Pourtant, il peut être difficile de ne pas chercher continuellement à être autrement.
La qualité de présence est progressivement devenue une dimension essentielle de mon accompagnement. Et j'ai découvert une cohérence entre les trois grandes pratiques que je propose aujourd'hui : l'activité physique et la marche, le coaching, l'écoute et le toucher restauratif.
De l'extérieur, elles peuvent sembler très différentes. Pourtant, elles peuvent toutes devenir des occasions de revenir à soi, de sentir, d'observer, de respirer, de retrouver ses appuis et de laisser quelque chose évoluer.
Leur unité ne réside peut-être pas seulement dans ce que je fais. Elle se trouve aussi dans ma manière d'accompagner.
Avoir une intention, un objectif, un cap reste important, mais j'essaie de ne pas demander à la volonté d'occuper tout l'espace.
Je ne cherche pas à faire arriver quelque chose à tout prix.
J'essaie d'être suffisamment présent et attentif à ce qui arrive.
Laisser la vie circuler.
Je pourrais raconter ce parcours comme s'il m'avait conduit quelque part. Ce n'est pourtant pas ainsi que je le vis.
Certaines choses sont devenues plus claires. Je me sens aujourd'hui à ma place dans cette manière d'accompagner, mais je ne la considère ni comme achevée, ni comme une vérité à laquelle il faudrait désormais me tenir.
Continuer à cheminer, c'est laisser la vie circuler, revenir à soi, s'ouvrir à ce qui nous entoure, se laisser surprendre et se réajuster.
Comme la respiration : l'air entre, l'air ressort, quelque chose circule. Depuis notre première respiration jusqu'à notre dernier souffle, la vie est en mouvement.
Ma pratique du basket m'avait déjà appris quelque chose de cette incertitude. On peut se préparer, avoir une intention, travailler une situation et devoir, dans l'instant suivant, composer avec ce que l'on n'avait pas prévu.
Aujourd'hui encore, je retrouve cela dans ma manière d'accompagner. Je prépare une séance, j'ai une trame, un cap, puis j'essaie de regarder ce qui est réellement là.
Une posture, une parole, une respiration, un silence, une interaction peuvent m'amener à proposer autre chose ou à le dire autrement pour permettre à quelque chose de se débloquer, d'évoluer.
Préparer sans tout prévoir.
Proposer sans imposer.
Observer et réajuster.
Continuer à cheminer, c'est aussi continuer à apprendre des personnes que j'accompagne, des rencontres, de mes lectures, de la marche, de mes relations et des expériences de la vie, qu'elles soient heureuses ou plus difficiles.
C'est peut-être apprendre progressivement à passer du faire contre au faire avec.
C'est aussi laisser davantage de place au sensible, au subtil, parfois au poétique, sans abandonner ce qui m'a construit, en continuant à relier.
Marcher à côté.
Lorsque quelqu'un vient vers moi, je ne sais pas à sa place où son propre chemin doit le conduire.
Je peux marcher à ses côtés, proposer des expériences, donner des points d'appui, écouter, observer, questionner, parfois simplement être là.
La marche, le mouvement, la parole, le silence ou le toucher deviennent alors des supports.
Ce qui importe, c'est ce que la personne peut elle-même rencontrer, ressentir et laisser évoluer.
Je peux lui proposer un cadre, des appuis, une présence, tout en lui laissant la liberté de cheminer à sa manière.
Revenir à mon approche
